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En Afrique subsaharienne où des millions d’habitants ont un faible accès à l’électricité, le bois de chauffe et le charbon de bois sont la principale source d’énergie pour la cuisson des repas, représentant trois quart de la demande totale en énergie.

Face à cette énorme demande, dans certains pays tels que le Kenya et l’Ouganda, de nombreuses initiatives du secteur privé ont vu le jour pour proposer aux consommateurs des foyers efficaces qui permettent aux ménages d’économiser. Ces foyers sont aussi meilleurs pour la protection de l’environnement. En République démocratique du Congo (RDC), cependant, même si 90 % des ménages utilisent du bois-énergie, l’offre est encore limitée.

À Kisangani, la troisième ville de la RDC, seulement 16 % des ménages utilisent un foyer amélioré, selon un récent rapport publié par le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), en partenariat avec l’agence belge de développement (Enabel), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation Congolaise des Ecologistes et Amis de la Nature (OCEAN). Les autres ménages se contentent des foyers traditionnels de type brasero simple, bien qu’ils soient peu durables.

Les habitants de la ville consomment plus de 2,7 millions m3 de bois-énergie par an, d’après le rapport. Huit ménages sur dix utilisent au premier place le charbon de bois pour la cuisson des repas. Cette situation fait du makala (comme il est connu localement) le combustible largement utilisé en termes de nombre d’utilisateurs. Pour la cuisson, l’utilisation de makala est suivie du bois de feu et de l’électricité.

Vendu à 452 FC (0,23 USD) le kilogramme, le makala représente une dépense importante pour les ménages. L’énergie de cuisson correspond à environ 14% de leurs budgets mensuels.

En conséquence, 76 % d’entre eux ont déclaré être intéressés par l’achat des foyers améliorés, ce qui leur permettrait d’utiliser 36 % moins de makala par rapport au foyer traditionnel avec le modèle argile-métal produit localement.  « C’est une économie importante, ce qui en fait une option très attrayante », indique l’auteur principal de l’étude, Gérard Imani.

Former les artisans pour augmenter l’offre

Pour que cet intérêt se traduise en achats, la ville doit avoir une offre de foyers améliorés à des prix accessibles et de bonne qualité, selon Elisha Moore-Delate co-auteur de l’étude. La faible performance est en fait un gros problème. « Les utilisateurs citent des défauts tels que la fragilité, la lourdeur, la petite taille et la difficile manipulation », dit-elle. D’après le rapport, sur les 15 artisans spécialisés dans la fabrication de ces équipements répertoriés à Kisangani, seulement quatre produisent des foyers améliorés de meilleure qualité. Globalement, seulement 450 foyers améliorés de meilleure qualité sont produits par mois à Kisangani et dont la majorité a une mauvaise performance.

Pour augmenter la capacité des artisans de Kisangani et augmenter l’offre, le projet Technologies, Energie Renouvelable, Académie (TERA) coordonné par le PNUD et l’UNCDF compte appuyer la formation et éduquer les producteurs sur le design pour un transfert thermique, la sécurité, la facilité d’utilisation, et le contrôle de la qualité. « Nous devons augmenter la durée de vie des foyers améliorés et les rendre plus faciles à utiliser, » explique G. Imami.

   Fabrication artisanale de foyers améliorés. Photo : Axel Fassio/CIFOR

Vers une filière bois-énergie durable

Pour que les foyers améliorés aient un impact significatif sur la réduction de l’utilisation du makala, il faut pourtant soutenir une stratégie globale, dit Jolien Schure, chercheuse associée au CIFOR. « Cela signifie mettre à disposition du makala écologique et veiller à ce que les producteurs disposent d’options de gestion durable en place ».

À travers le projet « Gouvernance des paysages multifonctionnels en Afrique subsaharienne », financé par l’Union européenne, le CIFOR travaille dans les zones de production autour de Kisangani pour augmenter l’efficacité de la carbonisation et réduire la récolte de bois, ainsi que pour soutenir la plantation d’arbres pour assurer un approvisionnement durable en ressources ligneuses.

« Finalement, une combinaison de ces mesures est nécessaire pour répondre à la demande énergétique de la ville sans mettre en péril les forêts environnantes », conclut J. Schure.

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Cette recherche fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l'agroforesterie, qui est soutenu par les Donateurs Fonds CGIAR.
Cette recherche a été possible grâce à l'aide financière de l'Union européenne.
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