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Alphonse Selemani est agriculteur. Il habite à Yanonge, un village situé au nord de la République démocratique du Congo (RDC). Comme nombre d’autres hommes dans la zone (et même parfois de femmes), il produit également du charbon de bois, connu localement sous le nom de makala, pour compléter ses revenus. Il le vend ensuite à des intermédiaires qui approvisionnent la ville de Kisangani. Mais quelquefois, le prix de vente est si bas qu’il a du mal à joindre les deux bouts.

Jusqu’à récemment, A. Selemani ne se souciait pas des effets de la production de makala sur l’environnement. La forêt qui entoure Yanonge est vaste et recèle suffisamment d’arbres à récolter. Cependant, il s’est aperçu que ses essences préférées commençaient à se raréfier dans la brousse environnante.

À travers une association de charbonniers, il cherche désormais des solutions pour que son activité économique devienne plus rentable et durable.

L’expérience d’A. Selemani illustre parfaitement le drame qui se joue au cœur du bassin du Congo, la seconde plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. Les communautés rurales aux moyens de subsistance limités n’ont d’autre choix que de surexploiter les ressources naturelles.

En RDC, le bois de chauffe et la production de makala représentent plus de 90 pour cent de tout le bois exploité, et l’agriculture à petite échelle est le premier moteur de déforestation dans la région.

Selon Paolo Cerutti, expert scientifique senior du CIFOR-ICRAF, l’amélioration des moyens de subsistance des populations rurales devrait guider les initiatives visant à réduire la pression sur les écosystèmes.

« Pour façonner des paysages résilients, il est impératif de créer des emplois verts qui améliorent la qualité de vie et ouvrent des opportunités permettant aux populations d’exploiter les ressources de manière plus durable », explique-t-il.

Depuis 2017, le CIFOR-ICRAF et ses partenaires agissent sur le paysage de Yangambi pour promouvoir un modèle de développement axé sur l’entreprenariat local, le renforcement des capacités et la recherche appliquée afin de donner les moyens aux populations de développer des entreprises durables et d’améliorer la gestion locale des forêts.

Dans une nouvelle série de vidéos, A. Selemani et quatre autres membres de la communauté vivant dans ce paysage expliquent comment, avec l’aide du CIFOR-ICRAF et de l’Union européenne, ils bâtissent un avenir plus vert.

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Helena Fatuma

Helena Fatuma est présidente d’une association locale de femmes de Yanonge qui fait la pisciculture dans des petits étangs pour approvisionner le marché local. La surpêche pratiquée dans le fleuve Congo fait ressortir un besoin pressant d’alternatives en protéines animales pour nourrir la population locale croissante ; c’est le constat de ce groupe de femmes qui tentent à présent d’apporter des solutions. Sélectionnées par le CIFOR-ICRAF en 2019, elles ont reçu une formation sur les techniques piscicoles améliorées et les compétences commerciales. L’association d’H. Fatuma fait partie d’un ensemble de plus de 60 petites entreprises du paysage de Yangambi qui bénéficient d’un soutien pour développer des activités économiques durables et rentables.

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Jean-Pierre Ngongo


Jean-Pierre Ngongo a entamé un programme master en gestion durable des forêts à l’université de Kisangani avec pour objectif de contribuer au développement économique de la RDC. Le soutien qu’il reçoit lui permet de mener des recherches de pointe, grâce à des technologies de télédétection, sur la dynamique des populations d’arbres. Ses travaux sont supervisés par des experts congolais et internationaux. Il fait partie des étudiants, plus de 220, ayant obtenu un master ou un doctorat dans le cadre de ce programme depuis 2007.

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Alphonse Selemani

La majorité des ménages de la ville de Kisangani utilise le makala pour la préparation des repas. Il est fourni par les communautés forestières environnantes, dont celle de Yanonge. Alphonse Selemani est l’un des nombreux charbonniers locaux, une activité dont les revenus lui permettent d’envoyer ses enfants à l’école. En 2020, il a rejoint une association de producteurs qui plantent des arbres dans des systèmes agroforestiers et intègrent des acacias et des essences indigènes dans des champs de manioc afin de soutenir la production durable de makala. Grâce à des techniques de carbonisation plus efficaces, ils arrivent à réduire la quantité de bois utilisée. Ils aident également les membres à renforcer leurs compétences commerciales afin de rendre leur activité plus rentable. A. Selemani bénéficie de ce type d’appui, comme plus de 300 autres entrepreneurs locaux présents dans le paysage de Yangambi.

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Josephine Balila


Josephine Balila, aussi connue sous le nom de « Maman Fil » travaille à Yangambi, RDC, en tant que sensibilisatrice. Elle a été recrutée par le CIFOR-ICRAF dans le cadre d’un effort de restauration des terres dégradées. Sa mission consiste à négocier avec les communautés locales et de s’assurer de la participation de tous dans les activités de plantation. Grâce aux efforts déployés par Maman Fil et l’ensemble de l’équipe de sensibilisation, ce sont environ 700 000 acacias et arbres indigènes qui ont été plantés dans des champs en agroforesterie. Dans quelques années, ces arbres seront utilisés pour la production d’énergie à partir de la biomasse. Près de 400 personnes participent à chaque saison de plantation à des postes en lien avec la construction, la gestion d’équipes, la sécurité au travail et le soin aux jeunes plantules.

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Darius Lisendja

Darius Lisendja n’a que 19 ans, mais il participe depuis 2019 aux plantations d’arbres saisonnières dans le cadre de l’action de restauration des paysages forestiers à Yangambi. Avec l’argent gagné, il a déjà acheté deux moulins et produit de la farine de manioc et de maïs, des ingrédients de base pour la préparation du foufou. Cette activité lui assure un revenu pour toute l’année. L’exemple de D. Lisendja est la preuve que la création d’emplois peut stimuler l’économie locale du paysage.

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Cette recherche fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l'agroforesterie, qui est soutenu par les Donateurs Fonds CGIAR.
Cette recherche a été possible grâce à l'aide financière de l'Union européenne
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