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Cameroon - Le bois énergie, utilisé directement comme bois de chauffe ou transformé en charbon, constitue la principale source d’énergie pour la cuisson de plus de 60 % des ménages en Afrique subsaharienne, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et aux besoins nutritionnels de millions de personnes. Cependant, la production et le commerce de bois énergie restent un secteur informel et peu étudié, et les experts reconnaissent que davantage de recherches sont nécessaires pour mieux comprendre la dynamique socio-économique tout au long de la chaîne de valeur, des ressources en arbres jusqu’à la consommation finale.

En conséquence, le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) a lancé une nouvelle initiative visant à combler les lacunes en matière de connaissances, de techniques et de politiques dans les chaînes de valeur du bois énergie au Cameroun et dans le bassin du Congo, au Kenya et en Zambie, avec des extensions dans les pays voisins pour le commerce transfrontalier. Le projet « Gouvernance des paysages multifonctionnels en Afrique subsaharienne (GML) : gestion des compromis entre les impacts sociaux et écologiques » est financé par l’Union européenne et sera mis en œuvre par le CIFOR et ses partenaires d’ici 2021.

« Nous savons, qu’en raison du manque de sources d’énergie alternatives et de la demande croissante de charbon de bois des centres urbains, la production de bois énergie augmentera au cours des prochaines décennies », a déclaré Abdon Awono, scientifique au CIFOR. « C’est pourquoi notre projet est très pertinent. Le bois énergie a déjà une énorme importance socioéconomique en Afrique ; il fournit des millions d’emplois aux producteurs, aux transporteurs, aux commerçants et aux vendeurs. Étant attendu que le secteur va continuer à se développer, il est absolument nécessaire de comprendre pleinement son importance, sa dynamique et ses conséquences », a-t-il ajouté.

Les premières évaluations montrent que la production et le commerce de bois énergie à travers l’Afrique subsaharienne ne sont pas organisés, que leur cadre juridique est faible ou inadéquat et qu’ils ne contribuent que peu aux revenus de l’État. « Cela signifie que le secteur a un potentiel inexploité pour contribuer encore plus au développement socio-économique des pays africains », a déclaré A. Awono.

L’informalité du secteur a également des conséquences néfastes du point de vue de l’environnement, car la réglementation en matière de gestion durable des ressources en bois est insuffisante.

« L’absence de gouvernance, associée à une demande croissante, entraîne une dégradation des forêts à proximité des zones à forte demande, notamment autour des centres urbains ou des lieux où résident de nombreuses personnes déplacées », a déclaré Jolien Schure, chercheuse associée au CIFOR. « C’est pourquoi nous devons identifier des solutions appropriées pour rendre ces chaînes de valeur du bois combustible plus durables » .

   Commerce de charbon de bois sur le marché de Mokolo à Yaoundé, au Cameroun. CIFOR/Ahtziri Gonzalez

DE LA RECHERCHE À L’ACTION

Dans le cadre de la première phase du projet GML, le CIFOR contribuera à une meilleure connaissance des caractéristiques des chaînes de valeur et des flux commerciaux du bois énergie, y compris des institutions formelles et informelles qui les forment, leur impact environnemental et des différents acteurs impliqués.

Au Cameroun, par exemple, le CIFOR mène déjà des études exploratoires dans deux zones géographiques clés. La première vise à mieux comprendre le commerce du bois énergie dans la ville de Douala et ses environs. La deuxième étude analyse les flux commerciaux transfrontaliers entre le Cameroun, le Tchad et le Nigéria. « Cela nous fournira des informations sur les options politiques pour améliorer la durabilité du secteur », a déclaré Richard Eba’a Atyi, coordinateur régional du CIFOR en Afrique centrale.

En effet, l’objectif principal du projet est que des options basées sur des preuves conduisent à des actions concrètes pour améliorer le secteur. « Notre base de connaissances guidera la deuxième phase du composant du GML sur le bois énergie, qui développera et testera de nouvelles options pour des chaînes de valeur durables, tout en dialoguant avec les principales parties prenantes impliquées », a déclaré A. Awono.

Le composant du projet GML sur le bois énergie donnera également la priorité aux environnements complexes, notamment des zones abritant des camps de réfugiés, des écosystèmes vulnérables, tels que les mangroves, et des zones transfrontalières. « Alors qu’il existe un manque général de connaissances et de données sur le bois combustible en Afrique subsaharienne, ces zones prioritaires ont été particulièrement peu étudiées », a déclaré A. Awono. « Nous devons également produire des connaissances et des options politiques pertinentes pour ces zones de forte pression qui posent des problèmes de gouvernance spécifiques ».

DES OPPORTUNITÉS À VENIR

L’amélioration des chaînes de valeur du bois énergie peut contribuer aux programmes de développement, d’énergie et d’environnement des pays africains et de leurs partenaires. « Le composant du GML sur le bois énergie est le premier pas dans la bonne direction », a déclaré J. Schure. « Une meilleure gouvernance du secteur nécessitera des initiatives intersectorielles à de multiples niveaux impliquant un large éventail d’acteurs. Nous travaillerons pour leur fournir diverses options qu’ils pourront adapter, mettre à l’échelle et reproduire ».

Ce projet peut avoir d’importants résultats socio-économiques, environnementaux et de gouvernance, ont déclaré les scientifiques. Sur le plan socio-économique, cela peut aider les personnes impliquées dans les chaînes de valeur à créer plus de valeur économique, à générer plus de profits, à mieux répartir les bénéfices et en général à réduire la pauvreté. Sur le plan environnemental, il peut réduire la déforestation et la dégradation des forêts, protéger les écosystèmes fragiles et promouvoir une meilleure gestion. Quant à la gouvernance, elle peut renforcer les institutions et promouvoir la coopération intersectorielle.

« Nous sommes impatients de tester des projets pilotes basés sur la recherche et de travailler pour intégrer les options retenues aux institutions, aux cadres politiques et aux plans d’investissement », a déclaré A. Awono.

Cette recherche a été possible grâce à l’aide financière du fond de l’Union européenne.
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Cette recherche fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l'agroforesterie, qui est soutenu par les Donateurs Fonds CGIAR.
Cette recherche a été possible grâce à l'aide financière du fond de l'Union européenne.