Analyse

Pourquoi certains ont bien compris?

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Exploitants forestiers et agriculteurs ne sont généralement pas tendres pour les forêts tropicales. La raison en est relativement simple : les pratiques prédatrices sont bien souvent plus profitables, au moins sur le court terme. De leur côté, les agences ou institutions de gestion forestière sont généralement bureaucratiques, mal dotées en moyens et corrompues. Les gens du commun, eux, manquent d’information et trouvent difficile de penser au futur quand le présent est déjà si dur.

Malgré tout, certains gèrent bien leurs forêts. Ils plantent et prennent soin des arbres, récoltent précautionneusement et encouragent la régénération ou la croissance de certaines espèces. Comprendre les raisons de ces comportements pourrait nous aider à convaincre un plus grand nombre de faire de même.

« Constraints and Opportunities for Better Silvicultural Practice in Tropical Forestry: An Inter-Disciplinary Approach » un article de Bradley Walters, Cesar Sabogal, Laura Snook, and Evaraldo de Almeida paru dans Forest Ecology and Management examine des exemples aux Philippines, Brésil et Mexique pour comprendre un peu mieux tout cela.

Les paysans philippins de Bais Bay et Banacon Island commencèrent à planter des mangroves pour obtenir du bois de construction et pour les pièges à poissons parce que les autres sources de matériaux avaient disparu. Plus tard ils réalisèrent que les arbres ainsi plantés allaient protéger leurs maisons et étangs piscicoles et trouvèrent de nouveaux débouchés. Les terres devenant rares, planter des arbres devint un bon moyen d’établir des droits sur celles-ci. Au début, seuls quelques paysans parmi les plus entreprenants plantèrent des arbres. Cela s’avérant à la fois aisé et profitable, ils furent rapidement imités par le reste de la population.

Des sociétés en Amazonie brésilienne plantent des arbres pour être sûres que leurs usines ne manquent pas de matériaux bruts et aussi parce que la loi les y oblige quant aux petits paysans, ils veulent pouvoir laisser quelque chose à leurs enfants et renforcer leur sécurité foncière. Tous deux préfèrent planter du mahogany ou du parica qui ont une grande valeur commerciale, poussent relativement vite et dont l’obtention de semences ou la gestion sont aisées.

Les entreprises communautaires du Quintana Roo gèrent leurs forêts depuis 1986 quand ils obtinrent le droit de les exploiter. Les agences gouvernementales, les bailleurs de fonds et quelques forestiers locaux particulièrement motivés les ont aidé. Ces communautés dépendent fortement du mahogany et elles doivent trouver une façon de l’exploiter durablement. La plupart des semis qu’ils avaient plantés dans les pistes ou les trouées d’exploitation sont mort. Heureusement grâce à des recherches et des formations, ils savent maintenant qu’il faut planter dans des ouvertures plus grandes où le mahogany survit et pousse bien mieux.

Tous ces cas montrent encore une fois que le succès nécessite une tenure foncière assurée, des marchés favorables, des règles claires et stables, un accès limité à des ressources non gérées, des pratiques simples et applicables, un bon soutien technique et des personnes motivées et bien informées. C’est à cela que nous devons travailler.

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Pour obtenir un exemplaire gratuit au format pdf du document ou envoyer vos commentaires aux auteurs vous pouvez écrire à Brad Walters (bwalters@mta.ca).

La référence complète du document est : Walters, BB, C Sabogal, LK Snook, and E Almeida. 2005. "Constraints and Opportunities for Better Silvicultural Practice in Tropical Forestry: An Inter-disciplinary Approach", Forest Ecology and Management, Vol. 209 (1-2) April: 3-18.