Analyse

Les Maires du Nicaragua s’intéressent aux forêts

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Les autorités municipales d’Amérique Latine sont de plus en plus impliquées dans la gestion forestière. La loi forestière bolivienne de 1996 alloue 25% des redevances des concessions forestières aux gouvernements locaux. Elle les autorise aussi à réclamer jusqu’à 20% de l’ensemble des forêts publiques pour un usage par des groupes communautaires. Le Honduras a restauré le droit des municipalités de gérer leurs propres forêts, lesquelles

représentent maintenant une part significative du bois produit dans le pays. Des douzaines de forêts municipales sont apparues au Guatemala.

Ces changements sont-ils bons ou mauvais ? D’après Anne Larson, le résultats sont décidément mitigés. Son papier, ’Natural Resources and Decentralization in Nicaragua: Are Local Governments Up to the Job?’, montre que ces gouvernements municipaux doivent disposer de capacités et d’incitations suffisantes et y trouver un intérêt afin de gérer correctement leurs forêts.

Dans le contexte nicaraguayen, seules les plus grandes, plus urbanisées des municipalités ou celles soutenues par des bailleurs de fonds ou des ONG ont les capacités humaines et financières suffisantes. Les opportunités offertes d’augmenter les ressources municipales, aiguillonnées par les ONG, les projets ou les groupes communautaires et / ou la nécessité de résoudre des conflits pressants sont les principales incitations pour l’implication des gouvernements municipaux dans le secteur forestier. Les lois et réglementations en vigueur au Nicaragua permettent à ces gouvernements municipaux de s’attaquer à ces questions mais elles pourraient aller bien plus loin en matière de droits et responsabilités. Pour la plupart des autorités locales la problématique forestière n’est pas d’une haute priorité. Néanmoins afin de s’atteler sérieusement aux problèmes posés, elles doivent y percevoir un intérêt authentique ce qui requiert un long processus d’éducation citoyenne et de changements culturaux.

Larson base ses conclusions sur 21 cas documentés par l’Institut Nitlapan du Nicaragua. Elle porte une attention particulière à quatre municipalités qui semblent avoir accompli des progrès significatifs. Toutes ont passé des ordonnances environnementales ou forestières et ont un conseil municipal sur l’environnement composé d’agences gouvernementales et d’ONG. Trois ont au moins une personne à temps plein travaillant sur les problèmes de ressources naturelles.

Chinandega possède des pépinières municipales, une brigade

anti-incendies et des inspecteurs forestiers. Achuapa a mis en place des brigades écologiques municipales et met en oeuvre son ordonnance qui régule l’utilisation des forêts, de l’eau, de la faune et des feux. Jalapa cherche à contrôler l’expansion de coléoptères nuisibles dans ses pinèdes et encourage la transformation locale du bois. Bonanza a développé un plan municipal d’utilisation des terres, créé un parc municipal, régulé

l’utilisation des scies à chaînes et aidé à la protection de l’intégrité des territoires indigènes contre les incursions extérieures.

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Si ces exemples montrent que certaines municipalités vont de l’avant, la plupart ont cependant encore un long chemin à parcourir.

Pour obtenir une copie électronique gratuite du document en anglais, contacter Carolina à mailto:secnitla@ns.uca.edu.ni (une version plus longue, en espagnol, est aussi disponible sous la forme d’un document au format PDF).

Pour envoyer des commentaires à l’auteur, écrire à Anne Larson à mailto:alarson@tmx.com.ni