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État des Forêts de l’Afrique centrale 2021

Les forêts de l’Afrique centrale : Une bouée de sauvetage pour l’ensemble de l’humanité confrontée à la crise climatique et à l’extinction des éléments de la biodiversité
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Photo Axel Fassio/CIFOR

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Près de 9 % de la superficie des forêts tropicales humides d’Afrique centrale ont disparu depuis l’an 2000, c’est-à-dire 18 millions d’hectares, selon le septième rapport de l’État des Forêts (EDF) du bassin du Congo. Cette dramatique constatation issue des recherches scientifiques sur ses vastes étendues de forêts denses peu perturbées souligne l’importance du processus de dégradation et de déforestation de ses écosystèmes.

Les forêts du bassin du Congo contribuent de manière diversifiée aux économies des pays d’Afrique centrale. Une partie importante de l’apport de ces forêts au développement socio-économique de ces pays africains se fait à travers les chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux, du bois-énergie et de l’exploitation de la faune sauvage pour des fins alimentaires, le secteur informel étant encore prépondérant dans ces filières. Il est actuellement reconnu que ces forêts situées dans le bassin du Congo jouent un rôle mondial de tout premier ordre dans la séquestration du carbone grâce à leurs écosystèmes et leurs tourbières.

Publié par la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) à travers sa cellule technique qu’est l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), l’EDF est devenu au fil des années un document de référence au niveau régional et international, pour tous ceux qui s’intéressent à la gestion des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale, leur rôle dans l’équilibre de la planète et les enjeux qui orientent leur avenir.

Élaboré périodiquement pour présenter les écosystèmes forestiers d’Afrique centrale et leurs modalités de gestion, ce rapport met en perspective les écosystèmes forestiers du bassin du Congo dans le contexte mondial caractérisé par des débats qui orienteront la gestion de toutes les forêts tropicales du monde pendant les décennies à venir. Il aborde aussi des thématiques d’actualité telles que la gestion des tourbières et les interrogations sur la relation entre la gestion des ressources de la biodiversité et l’émergence ou la réémergence de maladies zoonotiques, dont la COVID-19 qui a particulièrement affecté le contexte de sa rédaction.

Constitué de 4 parties et 13 chapitres, l’EDF 2021 attire l’attention des États de l’Afrique centrale sur deux instruments internationaux pour lesquels la contribution des forêts est suivie par tous les pays du monde, notamment les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies et des Contributions Nationales Déterminées (CDN) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

« L’édition précédente du rapport sur l’état des forêts du bassin du Congo datée de 2015 portait sur les changements climatiques. Cette thématique reste d’actualité, mais avec de nouvelles variantes qui ont occupé les acteurs de la gestion des forêts de manière croissante entre 2015 et 2021. Le présent rapport promeut la mise en place de stratégies et politiques de lutte contre la « déforestation importée » et de gestion des vastes espaces de tourbières, dont la découverte dans le bassin du Congo a fait sensation dans le monde entier », explique Richard Eba’a, Coordonnateur du CIFOR-ICRAF en Afrique centrale, et éditeur principal dudit rapport.

Dans le contexte actuel, l’atteinte du but de gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale fait face à de nombreux défis. L’EDF 2021 met l’accent sur trois d’entre eux : l’aménagement du territoire, la restauration des paysages forestiers dégradés et la prise en compte des droits des populations. Parmi les options proposées pour surmonter ces défis figurent l’élaboration de politiques publiques permettant une planification de l’aménagement du territoire, de façon à créer les conditions d’un développement compatible avec une meilleure gestion des ressources tout en assurant le développement économique afin de lutter contre la pauvreté, la prise en compte de la diversité des droits coutumiers dans la gestion de l’espace forestier et la recommandation de remettre l’État plus au centre de la gestion de ces espaces, avec une réglementation adaptée aux réalités de terrain.

Les conclusions du rapport relèvent que la pérennité de l’espèce humaine est inhérente à la gestion durable des fragiles écosystèmes des forêts du Bassin du Congo, dont le sort devrait être perçu comme une responsabilité commune aux pays d’Afrique centrale et à la communauté internationale.

Malgré les contraintes imposées par la pandémie de la COVID-19, le présent rapport a été élaboré avec une approche inclusive de large consultation : les thématiques traitées ont notamment été définies lors d’un atelier régional organisé à Brazzaville en février 2018 avec la participation des experts de tous les pays membres de la Commission des Forêts pour l’Afrique centrale (COMIFAC), auxquels se sont joints des scientifiques internationaux impliqués dans le suivi et la gestion des forêts du bassin du Congo.

La version française du rapport a été lancée lors de la 19e Réunion des Parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo, et la version anglaise a été publiée la semaine dernière. La recherche a reçu l’appui de la Commission Européenne à travers le projet RIOFAC.


Cette recherche a été appuyée par la Commission Européenne à travers le projet RIOFAC »

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