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Democratic Republic of the Congo - La République démocratique du Congo (RDC) est un pays au centre de la mission du CIFOR. Elle abrite plus de 60 % de la deuxième plus grande forêt tropicale au monde, le bassin du Congo, qui abrite des gorilles, des okapis, des chimpanzés, des bonobos et des éléphants de forêt, ainsi que des milliers d’espèces d’oiseaux et d’arbres. Des millions de personnes y vivent également, dont beaucoup d’entre elles dépendent des forêts pour leur subsistance et leurs besoins d’énergie.

Cependant, le conflit prolongé dans certaines parties du pays et l’exploitation continue et incontrôlée des ressources naturelles mettent en danger les forêts de la RDC. L’exploitation minière, l’exploitation forestière non-durable, la récolte de bois-énergie, le trafic d’espèces sauvages et la chasse sont devenus des menaces pressantes. C’est pourquoi nous devons agir maintenant pour préserver les vastes forêts du pays.

Le projet FORETS du CIFOR (Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo), au nord de la RDC, est situé au cœur du bassin du Congo, où le potentiel d’impact est énorme.

Le projet est financé par l’Union européenne et comprend deux volets principaux : premièrement, en partenariat avec l’Université de Kisangani (UNIKIS), l’un des meilleurs établissements d’enseignement supérieur du pays, nous formons des étudiants en master et des doctorants à la gestion durable des forêts. Deuxièmement, nous travaillons avec des investisseurs potentiels, des entreprises privées, des institutions gouvernementales et des praticiens du développement pour lancer initiatives fondées sur des preuves, visant à protéger la Réserve de biosphère de Yangambi et à améliorer les conditions de vie des communautés avoisinantes.

FORETS a déjà soutenu environ 300 étudiants de troisième cycle, qui deviendront la prochaine génération d’experts forestiers congolais. Soit dans le monde universitaire, la société civile, le secteur privé ou le gouvernement, ils dirigeront des projets et des politiques visant à appuyer la gestion durable des vastes ressources naturelles de leur pays, dans l’intérêt de tous les Congolais d’aujourd’hui et des générations futures.

En outre, afin de garantir que l’UNIKIS puisse continuer à fournir une éducation de qualité, le projet construit et modernise certaines de ses infrastructures, notamment un bâtiment de 2 500 mètres carrés situé sur le site de la Faculté des sciences. Le bâtiment, qui abritera des auditoriums et des salles de classe pour des centaines d’étudiants de tout le pays, a été construit selon les normes de durabilité les plus strictes et est conçu pour avoir une faible empreinte carbone.

Au cours des 18 derniers mois, FORETS a également généré des connaissances pertinentes pour bien comprendre les défis et les opportunités auxquels fait face Yangambi. Les évaluations de base ont porté sur un large éventail de sujets tels que l’agroforesterie et l’agriculture, la viande de gibier et la nutrition, le bois de feu et l’énergie, ainsi que l’exploitation forestière et les moyens de subsistance. Nos conclusions guident maintenant la deuxième phase du projet, qui se concentrera sur la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus et de partenariats public-privé pour traduire des connaissances approfondies en actions sur le terrain et promouvoir une gestion plus durable de la forêt.

UN QUATRIEME PILIER?

Le travail du CIFOR repose sur une approche à trois piliers : la recherche scientifique rigoureuse, le développement des capacités, et la sensibilisation et l’engagement ciblés. Ce qui est unique dans FORETS, c’est que le projet couvre non seulement ces trois piliers, mais qu’il va encore plus loin. Le projet fait un lien entre la science et la mise en œuvre sur le terrain, et vise à ce que nos recherches aient un impact réel et tangible dans l’intérêt de la population congolaise.

Comment planifions-nous de faire cela ? Premièrement, en travaillant avec le secteur privé, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), pour créer des opportunités de développement économique autour de la Réserve. Deuxièmement, en faisant venir des étudiants et des scientifiques à Yangambi pour faire des recherches appliquées qui traitent de problèmes réels et qui puissent bénéficier aux communautés locales et contribuer à l’amélioration de la gestion du bassin du Congo. Troisièmement, en créant des partenariats avec un large éventail d’acteurs afin de créer une vision intersectorielle à long terme sur la gestion durable de ce paysage.

L’APPROCHE PAYSAGE EN PRATIQUE

Considérer les forêts dans le cadre d’un paysage institutionnel et biologique plus vaste est une priorité absolue pour le CIFOR. Les fermes, les forêts, les plans d’eau et les villages de Yangambi ainsi que la Réserve elle-même ne peuvent pas être considérés comme des éléments isolés mais comme faisant partie du paysage plus vaste dans lequel l’utilisation des ressources est intégrée. Une approche paysage implique la compréhension et la gestion d’objectifs multiples de diverses parties prenantes, en tenant compte à la fois de l’environnement naturel et des systèmes humains qui le façonnent et en dépendent.

Nous travaillons à éliminer les cloisonnements sectoriels qui entravent le développement durable et à rassembler les différents praticiens, activités et intérêts susceptibles d’affecter positivement les forêts s’ils poursuivent un objectif commun. FORETS est en effet un exemple parfait de l’approche paysage du CIFOR dans la pratique.

Une telle pratique à Yangambi consiste à identifier des options politiques, des opportunités d’investissement et des priorités de recherche en intégrant des secteurs et des échelles, en négociant des intérêts et des demandes contradictoires, en reconnaissant les changements dans le paysage et en mobilisant des capitaux privés et publics pour des investissements à long terme. C’est certainement un défi de taille, mais nous espérons aborder la complexité des processus qui affectent le paysage, en veillant à intégrer de multiples voix et objectifs.

LA VOIE À SUIVRE

FORETS poursuivra ses travaux jusqu’en 2021 et je rendrai régulièrement visite aux partenaires et aux activités du projet pour constater son impact. Grâce à ce projet unique, nous avons l’occasion de transformer le paysage de Yangambi et de créer un changement durable dans l’intérêt de l’environnement et des populations. FORETS dispose d’une équipe formidable sur le terrain, déterminée à continuer de renforcer les capacités locales, à mener des recherches de premier ordre, à influencer la prise de décision et à faire en sorte que les projets aboutissent. J’ai hâte de voir les fruits de notre travail.

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FORETS est financé par l’Union européenne et mis en œuvre en partenariat avec :

  • l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) ;
  • le Programme sur l’homme et la biosphère de l’Unesco (MAB) ;
  • l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques (IFA) ;
  • la Societé Civile de Yangambi (SOCIYA) ;
  • l’Université de Kisangani (UNIKIS) ;
  • le Musée royal de l’Afrique centrale ;
  • le Jardin botanique Meise ;
  • l’entreprise Resources and Synergies Development (R&SD) ;
  • l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) ;
  • le Centre mondial de l’agroforesterie (ICRAF) ;
  • le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ;
  • le Centre for International Sustainable Development Law (CISLD).
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Cette recherche fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l'agroforesterie, qui est soutenu par les Donateurs Fonds CGIAR.
Cette recherche a été possible grâce à l'aide financière du fond de l'Union européenne.
 
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