Analyse

La destruction des forêts pourrait bien vous rendre malade !

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L’exploitation forestière, l’agriculture, les activités minières menées dans les forêts altèrent leurs délicats équilibres biologiques ce qui parfois peut être bénéfique pour la santé humaine mais peut aussi avoir l’effet inverse. Parmi d’autres sujets, " Biodiversity: Its Importance to Human health " édité par Eric Chivian de la Harvard Medical School, nous explique comment cela se passe.

Les activités humaines en forêt modifient les équilibres thermiques, hydriques, proies / prédateurs et la végétation. Cela favorise parfois les populations de moustiques, mouches, souris, chauves-souris et autres vecteurs de maladies infectieuses. S’installer près de la lisière de la forêt peut alors vous exposer au paludisme, à la leishmaniose, à la maladie du sommeil, etc. Par ailleurs la consommation accrue en viande de brousse peut aussi faciliter le passage de certaines des maladies de l’animal vers l’homme (comme le SRAS).

L’exploitation forestière a augmenté l’occurrence du paludisme dans certaines régions de l’Asie du sud-est et de l’Amazonie en créant de nouvelles zones d’eau stagnante ou en réduisant l’acidité de certains cours d’eau favorisant ainsi les moustiques vecteurs du paludisme.

La fumée des énormes feux de forêt de 1997/98 en Asie du sud-est a très probablement bloqué la floraison et la fructification de nombreux arbres. Pour trouver de la nourriture, nombre de chauves-souris frugivores se sont déplacées vers les arbres fruitiers présents dans certains élevages porcins de Malaisie. Ces chauves-souris ont transmis le virus mortel Nipah aux cochons qui l’ont ensuite transmis à l’homme forçant alors le gouvernement à abattre un grand nombre de cochons.

La destruction des forêts pourrait être la cause de l’épidémie de la maladie de Lyme qui a frappé le nord-est des Etats-Unis en causant la disparition d’une grande partie des prédateurs et des compétiteurs des souris à pattes blanches dont les populations ont alors fortement augmentées. Or ces souris servent de réservoir et transmettent la bactérie aux tiques qui elles-mêmes la transmettent à l’homme.

Trois-quarts des maladies émergents récentes proviennent des animaux. Les gens ont contracté ces maladies en grande partie en mangeant la chair d’animaux sauvages (malades ou porteurs sains). Cela pourrait être l’origine du virus HIV du sida…et il existe des risques majeurs que des virus similaires puissent passer des primates vers l’homme dans un bref futur. La consommation d’animaux sauvages a aussi été liée à des épidémies de maladie du charbon ou de peste !

Les feux de forêt et la déforestation contribuent au réchauffement climatique global lequel a été relié à l’émergence de maladies telles que la dengue, le paludisme, la fièvre jaune ou les encéphalites dans des régions où elles étaient inconnues jusqu’alors.

Perturber les écosystèmes forestiers n’implique pas toujours de tels problèmes de santé publique mais ceux-ci sont suffisamment fréquents pour mériter toute notre attention parce que vu la façon dont nous détruisons les forêts actuellement vous pourriez bien tomber malade un de ces jours….

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Pour demander une copie électronique gratuite du document vous pouvez écrire à Tracy Graham ( mailto:tracy_graham@hms.harvard.edu )

Vous pouvez aussi télécharger le papier directement à http://www.med.harvard.edu/chge/resources.html

Pour envoyer vos questions ou commentaires aux auteurs vous pouvez écrire à Eric Chivian ( mailto:eric_chivian@hms.harvard.edu )

La référence complète du document est : Chivian, E. (editor). 2002. Biodiversity: Its Importance to Human Health, Interim Executive Summary, Cambridge, MA: Center for Health and Global Environment, Harvard Medical School.