Analyse

Bêtes sauvages et pauvreté…

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Les bailleurs de fonds internationaux, comme le Département pour le Développement International (DFID) du Royaume Uni se demandent quoi faire au sujet de la faune sauvage. Le citoyen moyen aime bien les bêtes sauvages, particulièrement celles à fourrure et plutôt sympathiques (le panda est de loin préféré aux araignées !). Mais la finalité des agences d’aide au développement est la réduction de la pauvreté et elles ne sont pas bien sûres de la place à attribuer aux sympathiques animaux sauvages à fourrure dans le scénario.

Certains se demandent si les pauvres ont vraiment besoin des animaux sauvages. D’autres considèrent que les projets associant conservation et développement coûtent horriblement cher ramenés à chaque personne bénéficiant des retombées et ils s’inquiètent de ce que la création de plus de parcs pourrait se traduire par une marginalisation accrue des populations pauvres.

Ces interrogations ont amené le DFID à entreprendre une étude sur la faune sauvage et la pauvreté. Il en ressort que 150 millions d’individus sont encore largement dépendants de la faune sauvage pour la viande ou le revenu et que le tourisme de vision pourrait devenir une option intéressante pour des zones marginales et éloignées. Sachant que, pendant les dix dernières années, la Banque Mondiale et le Fonds pour l’Environnement Mondial ont dépensé près de 7,4 milliards de dollars en projets de conservation ou sur la biodiversité, les pauvres pourraient aussi bénéficier un peu plus de cette manne pour satisfaire leurs besoins.

Le DFID affirme que la plupart des stratégies de réduction de la pauvreté oublient de tenir compte de cette dépendance d’un grand nombre de ruraux vis-à-vis de la ’viande de brousse’ et de ce que le déclin de nombreuses populations animales rend leur vie plus difficile. (D’un autre côté, la faune sauvage pose aussi des problèmes en détruisant les cultures, en mangeant le bétail, en disséminant des maladies ou en attaquant les gens.) Résoudre ce problème de la viande de brousse dans des pays aux institutions faibles ne sera pas facile. Jusqu’à présent les efforts pour trouver des protéines de substitution n’ont pas été de francs succès. Il faut sans doute prendre le problème du point de vue des villageois et non pas uniquement du point de vue de la conservation. Travailler avec des exploitations forestières, des populations forestières, des petits cultivateurs ou des chasseurs commerciaux nécessitera des approches différentes. Dans tous les cas le morceau sera dur à avaler !

En ce qui concerne le tourisme, l’étude montre que les projets de gestion communautaire de la faune sauvage en Afrique de l’Est et du Sud ont donné des résultats mitigés. Certains foyers ou districts ont bien obtenu plus d’argent et de travail mais cela s’est fait à un coût élevé pour les bailleurs de fonds. Aller au-delà nécessite la mise en place de mécanismes simples et rapides d’établissement des droits sur la ressource, des arrangements plus transparents et équitables pour le partage des bénéfices et le développement de capacités entrepreneuriales locales.

En 1998, le tourisme était un des cinq principaux secteurs d’exportation pour deux tiers des 49 pays les moins développés. Mais le tourisme est une activité économiquement risquée et, en règle générale, les intervenants extérieurs récoltent la plupart des bénéfices. Cependant des tentatives sérieuses de promotion d’un tourisme de vision ’au bénéfice des populations pauvres’ au travers d’entreprises communautaires, de partenariats entre sociétés commerciales et communautés et d’efforts d’amélioration de la qualification de la main d’oeuvre locale ont récemment vu le jour. Personne ne peut prédire si elles seront des succès.

L’étude montre clairement, dans de nombreux cas, le peu que nous savons, à ce sujet, du point de vue des capacités et moyens d’existence des populations locales. C’est encore pire quand il s’agit de décider ce que l’on pourrait faire, en pratique, pour améliorer cela. Financer des recherches semble nettement moins populaire que cela pouvait l’être il y a quelque temps. Dans ce cas pourtant, ce pourrait bien être une voie vers la solution.

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Pour obtenir une copie électronique gratuite de ce document vous pouvez écrire au bureau des requêtes publiques du DFID mailto:enquiry@dfid.gov.uk.

Pour envoyer vos commentaires ou questions ou si vous avez des problèmes à obtenir le document, vous pouvez contacter les auteurs, Joanna Elliot et le groupe consultatif sur la faune sauvage et l’élevage(Livestock and Wildlife Advisory Group) à J-Elliot@dfid.gov.uk mailto:J-Elliot@dfid.gov.uk