Analyse

Toujours pas de bois sans arbres !

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Il y a quelque temps le CIFOR vous avait demandé (chers lecteurs de POLEX) de dire quelles furent les publications qui influencèrent le plus les politiques forestières. Le numéro deux de cette liste était le rapport de Poore et al., «No Timber without Trees», commissionné en 1988 par l’Organisation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT). Cette étude montrait qu’une fraction infime des forêts tropicales de production était gérée durablement.

L’OIBT vient de publier un nouveau rapport intitulé «Status of International Forest Management 2005» qui examine les progrès et avancées depuis le rapport de Poore. Ce nouveau rapport montre des progrès significatifs mais pas autant que nous aurions pu l’espérer.

En 1988, Poore et ses collègues eurent la plus grande difficulté à trouver ne serait-ce qu’un million d’hectares de forêts gérées durablement pour la production de bois d’œuvre. Le nouveau rapport, lui, en annonce près de 25 millions.

L’Inde et la Malaisie représentent près de 40% de ces forêts. Le reste provient de Bolivie, Brésil, Gabon, Indonésie et Papouasie Nouvelle Guinée ; chacun de ces pays représentant entre un et trois millions d’hectares de forêts aménagées. De plus, Bolivie, Brésil, Gabon, Guatemala et Malaisie possèdent près de 10 millions d’hectares de forêts certifiées.

Des progrès ont aussi été réalisés sur d’autres fronts. Il existe un consensus réel sur les critères et indicateurs à utiliser pour évaluer la durabilité de la gestion d’une forêt. De meilleures informations sont disponibles sur les forêts en général. Un nombre croissant de forêts possèdent des plans d’aménagement et les superficies de plantations et d’aires protégées sont aussi en nette augmentation.

Ceci dit, tout cela ne représente que 7% des 352 millions d’hectares de forêts naturelles désignés pour la production durable qui sont réellement aménagés. Par ailleurs, toutes les sociétés d’exploitation forestière ne respectent pas totalement leurs plans d’aménagements et une bonne partie du bois d’œuvre sur le marché des bois tropicaux provient de sources illégales.

Une grande partie de la presse a surtout insisté sur les côtés négatifs révélés par le rapport et c’est compréhensible. Près de six ans dans le nouveau millénaire et nous sommes encore loin d’avoir atteint l’objectif exprimé en 1900 par l’OIBT qui voulait que dès l’an 2000, tous les bois tropicaux exportés proviennent de forêts bien gérées. Si nous voulons vraiment continuer à obtenir du bois des forêts tropicales naturelles, il est de plus en plus urgent de prendre meilleur soin de ces dernières. Il faut toujours des arbres pour produire du bois !

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Vous pouvez télécharger une copie électronique du rapport en anglais ou des résumés en anglais, espagnol ou français à http://www.itto.or.jp/live/PageDisplayHandler?pageId=270

Pour obtenir une copie électronique gratuite du rapport, vous pouvez contacter l’OIBT (itto@itto.or.jp).

Pour envoyer vos commentaires ou questions à l’OIBT, vous pouvez écrire au service communications de l’OIBT (cu@itto.or.jp)

Pour envoyer vos commentaires ou questions aux auteurs, vous pouvez écrire à Jürgen Blaser (jblaser@intercooperation.ch) ou Duncan Poore (DPoore8516@aol.com)

La référence complète du rapport est : ITTO 2006. Status of Tropical Forest Management 2005. International Tropical Timber Organization, Yokohama, Japan.