Analyse

Des fermes, des arbres et des oiseaux

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Les aires protégées couvrent à peine 10% des terres et ce pourcentage a peu de chances d’augmenter notablement. Par ailleurs, de nombreux parcs se trouvent en des lieux difficilement protégeables ou qui le deviendront dans le futur.

La plupart des plantes et animaux sauvages vivent hors de ces aires protégées. Les gens en utilisent un grand nombre pour leurs besoins vitaux et les efforts pour conserver les espèces menacées se doivent de prendre en compte ces plantes et animaux à l’extérieur des aires protégées.

C’est pourquoi il existe un intérêt croissant dans le potentiel de l’agroforesterie pour conserver la biodiversité. Les systèmes agroforestiers sont divers : plantations de café ou cacao sous ombrage, agroforêts complexes (hévéa, damar), brise-vent, haies vives, arbres dans les pâtures, cultures sur brûlis a longues rotations…

« Agroforestry and Biodiversity Conservation in Tropical Landscapes – a Synthesis » par Götz Schroth et dix-neuf scientifiques examine dans quelle mesure de tels systèmes agroforestiers favorisent la biodiversité. Il s’agit du chapitre de synthèse d’un livre au titre similaire qui sera publie par Island Press en 2004.

Les auteurs concluent que ces systèmes agroforestiers procurent un habitat précieux à une large gamme de plantes et animaux sauvages, dont certains menacés. Cela pourrait éviter que certaines espèces disparaissent, spécialement dans les régions avec peu de forêts naturelles résiduelles. Les paysans y cultivent aussi des plantes qui autrement deviendraient rares. Ceci dit, toutes les espèces ne pourront subsister dans ces systèmes qui ne sont pas un substitut parfait aux forêts naturelles.

Les « agroforêts » constituent aussi des corridors qui facilitent les déplacements des oiseaux, mammifères et autres animaux entre les lambeaux de forêt naturelle ce qui limite l’isolement génétique et permet la dissémination des graines ou la pollinisation à l’échelle du paysage. Tout n’est pas positif cependant. Certaines plantes cultivées deviennent invasives et les agroforêts peuvent attirer certains animaux qui abîment les cultures ou menacent le bétail et la population.

Les systèmes agroforestiers dépendant d’un ombrage naturel, avec de longues jachères et peu d’intrants sont les plus favorables pour la biodiversité. Ils ne sont pas nécessairement les plus profitables pour les paysans. Pour encourager ceux-ci à ne pas abandonner leurs systèmes traditionnels il faut souvent mettre en place des politiques et incitations adaptées.

En fonction du contexte, ces systèmes agroforestiers peuvent augmenter ou réduire les pressions sur les forêts naturelles. En comparaison de l’élevage extensif ou de la culture sur brûlis, les systèmes arborés permettent parfois aux paysans de concentrer leurs ressources sur des surfaces plus petites et donc de couper moins de forêts. De la même manière, les paysans qui disposent de leurs propres agroforêts récoltent moins de produits dans les forêts naturelles. Mais il y a aussi bien des cas ou le café, le cacao ou l’hévéa ont été une cause de déforestation accrue.

En conclusion, les systèmes agroforestiers ne vont pas résoudre tous les problèmes de conservation de la biodiversité. Ils pourraient même en créer certains ici et là. Mais avoir un peu plus d’arbres, d’oiseaux et d’abeilles dans les cultures est généralement un pas dans la bonne direction.

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Pour obtenir une copie électronique gratuite du document en format PDF ou envoyer vos questions ou commentaires aux auteurs vous pouvez écrire à Götz Schroth ( mailto:göetz-schroth@web.de ).